Écœurée par les réactions suscitées après la finale de la CAN 2025, la journaliste de beIN Sports, Vanessa Le Moigne, a annoncé qu’elle mettrait fin à sa couverture du football à la fin de la saison.
Entre attaques en ligne, interview polémique et absence de soutien dans le milieu, la journaliste dit stop après des années consacrées au ballon rond.
Un tournant après une finale explosive
Dimanche à Rabat, la finale Sénégal–Maroc de la CAN 2025 a dépassé le seul cadre sportif. Présente en bord de terrain au stade Prince Moulay Abdallah pour beIN Sports, Vanessa Le Moigne a été propulsée au cœur de la tourmente après son entretien avec Édouard Mendy, juste après le sacre sénégalais.
Ses questions sur les affrontements dans les tribunes et sur un possible arrangement autour du penalty de Brahim Diaz ont déclenché une vague de critiques, parfois virulentes.
Dans une story Instagram, elle justifie son approche :
« À ce moment-là, je ne sais pas si les deux jeunes que j’ai vus sortir en civière inanimés sont en vie. Je ne parle pas de football. […] Je dois poser les questions et cette question-là sur le penalty pour que LA réponse de l’un des acteurs existe. »
« Stop » après des années de sacrifices
Si les messages hostiles du public ont touché la journaliste, c’est surtout la réaction du milieu qui a fait basculer sa décision.
« Que les supporters ne comprennent pas, c’est OK ! Mais mes Amis, mes ‘pairs’ à l’affût de mon moindre fourchage de langues depuis des années : ils sont meilleurs visiblement. Sans aucun doute ! »

Dans la foulée, Vanessa Le Moigne annonce son retrait du football à la fin de la saison :
« Je leur laisse la place… Je ne suis pas Jeanne d’Arc. […] Après des années même à sacrifier ma vie perso. Stop ! Prenez le siège et ce qui va avec. »
Une sortie assumée mais progressive
La journaliste précise qu’elle honorera ses engagements jusqu’à la fin du championnat, notamment en Ligue 2, avant de tourner la page :
« Merci le foot pour les rencontres… pour les beaux moments mais next. Fin de saison, j’arrête et maintenant je me sens libérée. »
Elle ajoute qu’elle « finira ce [qu’elle a] commencé » avant de voir « s’il y a autre chose à faire », non sans humour, évoquant une « provocation » si une Panenka survenait lors de Guingamp–Troyes.
Interrogée par RMC Sport, Vanessa Le Moigne n’a pas souhaité s’exprimer davantage. De son côté, beIN Sports se contente d’affirmer ne pas commenter « les prises de parole individuelles » de ses collaborateurs tout en condamnant « toutes les formes d’attaques » visant ses équipes.
Une séquence révélatrice pour l’écosystème sportif africain
Au-delà du cas personnel, cette séquence interroge la capacité du football africain à gérer médiatiquement ses moments les plus sensibles. Entre incidents en tribunes, pression sportive et tension digitale, l’espace médiatique devient un terrain à risques. Pour un continent dont la scène football est en pleine montée en puissance, les questions de protection des journalistes, de liberté de ton et de maturité médiatique demeurent centrales.












