Déjà première destination touristique du continent, le Maroc voit dans la CAN 2025 un puissant levier de promotion internationale.
Sans bilan définitif à ce stade, les premiers signaux observés à Casablanca confirment une dynamique positive, dans un contexte stratégique menant vers la Coupe du monde 2030.
Casablanca, vitrine urbaine d’un engouement en pleine saison creuse
À Casablanca, l’effervescence est inhabituelle pour un mois de janvier traditionnellement calme. Dans un hôtel 4 étoiles de 29 chambres, Adam, réceptionniste de 21 ans à l’hôtel Ennesma, enchaîne les arrivées sous les drapeaux des pays qualifiés à la CAN. Face au correspondant François Hume-Ferkatadji, il décrit un rythme soutenu et une satisfaction partagée par les responsables de l’établissement. Selon lui, le mois est « très bon » pour l’activité hôtelière.
Les chiffres confirment cette impression : le taux d’occupation a progressé de 35 %, avec des chambres quasiment pleines durant toute la compétition, alors même que Casablanca n’a accueilli qu’un nombre limité de rencontres. Un signe que l’événement dépasse le cadre strict des stades et irrigue l’ensemble de l’économie touristique locale.
Des supporters devenus voyageurs à l’échelle du royaume
La CAN 2025 a également transformé de nombreux supporters en touristes itinérants. Mamadou, franco-sénégalais, explique être venu initialement jusqu’aux quarts de finale, avant de prolonger son séjour jusqu’aux demi-finales en fonction du parcours du Sénégal. S’il n’a pas pu rester pour la finale, faute de billets disponibles, son séjour lui a permis de parcourir plusieurs villes emblématiques du pays.
Marrakech, Fès, Rabat et Casablanca figurent ainsi parmi les destinations visitées, illustrant la capacité du Maroc à capter et redistribuer les flux touristiques générés par un grand événement sportif continental.
Une stratégie touristique alignée sur l’horizon 2030
Cette dynamique s’inscrit dans une trajectoire déjà impressionnante. En 2024, le Maroc est devenu le pays le plus visité d’Afrique, devançant l’Égypte, avec 17,4 millions de visiteurs et plus de 10 milliards d’euros de revenus touristiques générés. En 2025, la performance a encore été améliorée avec un record de 19,8 millions de visiteurs.
La CAN 2025 renforce cette visibilité : plus d’un million de billets ont été vendus selon la CAF, un record pour la compétition. À cela s’ajoute une exposition médiatique massive, notamment grâce au live de près de dix heures réalisé au Maroc par l’influenceur Ishowspeed, conclu au stade Moulay Abdallah de Rabat lors de la finale.
Sans attendre un bilan chiffré définitif, la CAN 2025 apparaît déjà comme un accélérateur stratégique pour le tourisme marocain. Au-delà des retombées immédiates, l’événement consolide l’image d’un pays capable d’accueillir des compétitions majeures, à l’approche d’un rendez-vous encore plus structurant : la Coupe du monde 2030, que le Maroc co-organisera. Pour le royaume, le football confirme son rôle de moteur d’influence et de croissance touristique à l’échelle africaine et mondiale.











