L’ancien président sénégalais Macky Sall vise le secrétariat général des Nations unies. Mais sa candidature dépend d’un élément clé : le soutien officiel de l’État sénégalais dirigé par Bassirou Diomaye Faye.
Une candidature africaine sous condition nationale
L’équation est simple : sans l’aval de Dakar, pas de course vers New York. Selon les informations révélées par Le Quotidien, Macky Sall aurait clairement subordonné son ambition au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies au soutien explicite des autorités sénégalaises.
Dans une lettre adressée au président Bassirou Diomaye Faye, l’ancien chef de l’État affirme avoir été approché par des « pays amis » pour porter une candidature africaine à la tête de l’instance onusienne. D’après des sources locales, il aurait également confié à ses proches qu’il renoncerait à cette perspective en l’absence d’un « oui » officiel du pouvoir en place.
Autrement dit, l’enjeu n’est plus seulement international : il est d’abord politique et institutionnel.
Le silence stratégique de la présidence sénégalaise
Depuis cette démarche, la présidence sénégalaise n’a pas affiché de position claire. Le silence de Bassirou Diomaye Faye entretient un suspense diplomatique autour de la posture officielle du Sénégal.
Le sommet de l’Union africaine en Éthiopie était perçu comme un possible cadre de clarification. Pourtant, les chefs d’État ont choisi de reporter l’examen du dossier à une session ultérieure, prolongeant ainsi l’incertitude.
Ce choix de temporisation laisse le dossier en suspens, à un moment où la succession de Antonio Guterres commence à mobiliser les grandes diplomaties mondiales.
Un enjeu qui dépasse le Sénégal
La perspective d’un ancien président sénégalais à la tête de l’ONU constituerait un signal fort pour l’Afrique sur la scène multilatérale. Mais en l’état, Macky Sall se retrouve dans une position d’attente stratégique, dépendante d’un arbitrage politique interne.
Pour Bassirou Diomaye Faye, la décision est délicate : soutenir son prédécesseur reviendrait à projeter une image d’unité nationale sur la scène internationale ; s’abstenir ou retarder l’aval pourrait traduire une recomposition des équilibres diplomatiques du pays.
L’ambition onusienne de Macky Sall illustre une réalité incontournable des grandes candidatures internationales : elles se jouent d’abord à domicile. Entre calcul diplomatique et gestion politique interne, le Sénégal détient aujourd’hui la clé d’une possible candidature africaine au sommet des Nations unies.












